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Souvenirs d'Asie

Souvenirs d'Asie - Samuel Grace

J’avais contacté une agence de courtiers en immobilier pour parvenir à trouver une maison qui me conviendrait. Après des années en ville, que je ne regrettais pas, je souhaitais aller m’installer à la campagne. Je vivais seul, mais ma fille habitait une petite ville, et je comptais venir aménager à proximité de chez elle. Sa formation achevée, elle avait eu facilement un emploi infirmiere. Son mari avait une entreprise de maçonnerie et de gros œuvre, en tous genres. Il est doué pour tout ce qui est manuel, sachant manier la truelle, aussi bien que le pinceau. Il avait eu de nombreux chantiers, récemment, mais il m’avait promis qu’il se rendrait disponible pour m’aider à faire les travaux de réfection que ma nouvelle demeure nécessiterait, obligatoirement. Je pensais aussi que je ne pourrais jamais emménager dans une habitation qui ne serait pas décorée avec ce que j’appréciais.

Mes nombreux voyages en Asie m’avaient permis de rapporter une véritable collection d’art asiatique. La plupart des pièces que je possédais n’avaient pas beaucoup de valeur, car elles étaient courantes, là où je les avais achetées, mais elles possédaient un charme, une facture, qui me replongeaient dans mes séjours à l’étranger. Je revoyais les temples cambodgiens, les huttes de Java, les mers turquoise de l’océan Indien… Comme avec un livre, il me suffit de regarder un de ces objets pour être de nouveau transporté dans l’espace et le temps et je retrouve les sensations, les odeurs et les sons, qui me parvenaient pendant ces moments. Posséder une maison me permettrait de trier mes affaires, et de donner quelques babioles qui plaisaient à ma fille et mon gendre.

Je pris un rendez-vous pour visiter une demeure située dans une ville proche de celle où ma fille logeait. Cette première visite ne fut pas concluante, ni la deuxième. Cependant, cela permit au courtier de mieux connaître mes exigences et ma personnalité. Il me demanda de venir voir une dernière habitation. Pour lui, elle répondrait à toutes mes exigences. Dès que je pénétrais dans le jardin, je fus enthousiaste. La grande propriété était admirablement bien située, sur un promontoire d’où la vue portait au loin, vers la forêt. Les arbustes déjà en place me plaisaient beaucoup. De l’extérieur, la maison était simple, en bardage de bois et en pierre. Les volumes, à l’intérieur, donnaient une atmosphère reposante. Après un mois de négociation, j’achetais la maison où je n’eus aucun aménagement à prévoir.

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