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L'oiseau blessé

À côté de ma maison, j’ai trouvé un oiseau qui était tombé de son nid. Comme j’avais entendu dire que ces animaux ne devaient pas être touchés, car il se pouvait que les parents ne s’occupent plus d’eux, j’ai apporté une seringue propre avec de l’eau, mais j’ai tout fait pour ne pas le frôler. Ce fut après quelques heures que j’ai vu une merlette se poser près du petit. J’étais soulagé que le chat du voisin ne vienne pas le croquer. Un peu d’autosatisfaction ne fait pas de mal, et j’étais très fier de moi. Je me suis organisé un petit après-midi tranquille. Mon programme était simple et efficace : j’avais un ouvrage documentaire sur les aménagements de combles à lire, quelques DVD à regarder et un bon gâteau à dévorer. Le temps était maussade et froid, c’était le moment parfait pour me reposer. 

J’ai consulté mes messages, j’en ai envoyé quelques-uns, notamment à un Syndic Blainville, puis j’ai mis en veille mon ordinateur. Avec mon attention entièrement prise par ce que je regardais, je ne me suis pas aperçu que la pluie, forte, tombait. L’averse claquait sur mes vitres. J’ai craint d’avoir laissé un siège dehors, sans le recouvrir. La housse des coussins des sièges est en coton. Je me suis précipité dehors. Après avoir rentré le fauteuil sous la terrasse couverte, qui fait le tour de la maison, j’ai aperçu l’oiseau et son petit sous un buisson. J’ai observé les volatiles. Le jeune était sous l’aile de la mère. Elle recevait des gouttes d’eau, mais elle tenait bon. J’étais plein de compassion pour ces pauvres oiseaux. 

Malheureusement, je ne pouvais rien faire. Si je m’approchais d’eux, ils fuiraient et l’oisillon risquerait d’être exposé à la pluie. Pour ne pas le brusquer, je devais me tenir tranquille. J’ai fini par rentrer, non sans me sentir un peu coupable d’être si bien abrité. J’ai mis quelques graines de tournesol dans un bol, des miettes de pain dans une assiette, et je les ai placés sur la terrasse. Je suis retourné dans ma demeure, avec le sentiment d’avoir accompli un geste envers les pauvres volatiles. Le lendemain, ils étaient certainement venus, car les graines et le pain avaient disparu. Plusieurs fois, j’ai revu la merlette voler autour de mon habitation. Je laisse, à présent, des morceaux de pain dur dont elle se régale. Son petit a grandi. Je le vois aussi de temps en temps.

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